Aujourd'hui, il m'emmène à Ikebukura, c'est un immense quartier commerciale où se situe aussi le parc Riyugen qui, selon Katsuo, est très beau.
Le bras de Toma-san autour de mon épaule, nous sillonons les galeries, de vitrines en vitrines jusqu'à ce qu'Ikuta m'entraîne dans un des magasins, il descend son bras pour attraper ma main et slalome dans les rayons en prenant ou posant des articles féminins selon ce qui lui plaît ou pas, puis, il s'arrête devant les cabines d'essayage, me tend tout les vêtements:
Ikuta: Essaye!
Je le regarde, il a des yeux pétillants et cela me suffit à exécuter ce qu'il demande. Je prends donc ce qu'il me tend et file dans la cabine.
J'en ressors vêtie d'un jean slim noir avec un motif en strass représentant le symbole des Rolling stones, et un tee-shirt rouge griffé Paul Franck qui est une marque très chère. Il me sourit en me tendant ses deux pouces en signe d'approbation.
Je retourne dans la cabine. Cette fois-ci, j'ai moi-même de la peine à me reconnaître, je tire le rideau de la cabine et il me voit dans une robe longue dont le haut est un bustier rose qui se dégrade jusqu'au blanc.Il m'ausculte de la tête:
Ikuta: Kawaï!
Moi: Nandé?
En guise de réponse, il détache une agraphe de mon bustier et me pousse dans la cabine en me tendant le dernier ensemble.
Je passe enfin une mini jupe en jean bleue et un débardeur doré griffé Dior. Je lui montre en défilant devant lui, il rit, me répond que c'est très bien. Je referme le rideau et me change, lorsque je sors, il est déjà à la caisse en train de payer, je lui crie que je paye moi, trop tard. Je regarde le montant: 220738 Yens(1400 euros)! Je crois devenir folle! Il prend les paquets puis attrape ma main en sifflotant.
Dehors, il se met face à moi et me tend les paquets:
Ikuta: En souvenir de ton voyage au Japon et de ton séjour auprès de moi.
Moi: Merci beaucoup. Je suis gênée d'accepter de telles choses.
Il sourit. Je fonds. Je prends les paquets et l'entraîne à mon tour dans une des boutiques, j'ai décidé que si je devais me ruiner, je le ferai pour lui. Je prends donc quelques ensembles que je trouve jolis, le pousse dans un cabine d'essayage et lui tends. Nous recommençons le même manège que pour moi, tout d'abord il ressort vêtu d'un tee-shirt blanc au motif imprimé d'un boléro beige avec une rose et un jean noir. Il est sublime. Puis, il enfile aussi un costume blanc avec une chemise rose que je déboutonne au niveau du cou lorsqu'il me montre, pour laisser un air décontracté à cette tenue trop formelle. Il semble aimer.
A la caisse, il fait tout une scène pour que la vendeuse n'accepte pas ma carte... et au final c'est lui qui paye. Nous sortons et je lui en veux. Nous marchons jusqu'au jardin Riyugen, je ne dis rien, je m'asseois sur un banc du jardin, il en fait de même:
Moi: Je t'en veux vraiment. C'était un cadeau que je voulais te faire. Pourquoi as-tu payé?
Ikuta: Je ne veux pas que tu ais des soucis avec ta banque une fois que tu rentreras en France, tu n'as pas besoin de me faire des cadeaux aussi chers, accepte les miens, cela me satisfera entièrement.
Au Japon, les couples ne se touchent pas ormi dans l'intimité, ils ne montrent pas leur affection l'un pour l'autre en public, c'est pourquoi je ne savais pas comment agir avec Toma-san, alors je ne prenais pas d'initiative, je le laissais faire mais cela crée une réelle frustration pour moi. Je suis épuisée par la journée, il l'a constaté, m'a serré contre lui, je me suis aussitôt assoupie.
Je suis réveillée par des secousses, j'ouvre les yeux et voit Toma-san, puis je réalise que nous sommes dans un taxi, je le regarde d'un air interrogateur mais il semble incapable de m'expliquer quoi que ce soit, il ne sait pas comment dire ces choses en anglais car même s'il essaye en hésitant et en buttant sur les mots, je ne comprends pas. Quant soudainement, il sort un petit carnet de sa poche dans laquelle il me montre une photographie de lui avec un journaliste. Je fais un signe de tête en guise de compréhension, même si je ne cache pas ma déception que cette journée se termine de cette façon là.
Le taxi s'arrête, il me donne de l'argent que je n'ai pas le temps du refuser et me lançe son portable en criant:
Ikuta: Watashi denwa!
Je ne comprends pas mais je l'écris en phonétique sur un bout de papier qui traîne dans ma poche, puis je le regarde courir vers la porte du studio dans lequel a sûrement lieu l'interview.
J'ouvre son portable et à ma grande surprise je vois en fond une photo de lui et moi que nous avions prise à la soirée où je l'ai vu pour la première fois. Je le referme et le range dans mon sac en souriant.